Lubumbashi 2020: Congrès Eucharistique National

paneLETTRE PASTORALE D’ANNONCE ET DE CONVOCATION
EUCHARISTIE ET FAMILLE
« Ils étaient assidus à l’écoute de la Parole et à la fraction du pain »  (Ac 2, 42)

Chers Frères et Sœurs,

  1. Lors de notre Assemblée Plénière Ordinaire tenue à Kinshasa, du 19 au 23 juin 2017, Nous, Cardinal, Archevêques et Évêques, mus par la sollicitude pastorale pour les fidèles confiés à notre charge, nous  nous sommes penchés sur la question de la croissance spirituelle du peuple de Dieu qui est en RD Congo. Nous avons jugé opportun que soit organisé un Congrès Eucharistique national. Cet événement ecclésial de grâce sera célébré à Lubumbashi, autour de la Solennité du Très Saint Sacrement, en juin 2020, et il aura pour thème : « Eucharistie et Famille ».
  1. Un premier Congrès Eucharistique dans notre pays a eu lieu  en 1933 à Kisantu. Son objectif fut le raffermissement de la dévotion à la Sainte Eucharistie, le rattachement cordial des fidèles chrétiens à leur Sainte Eglise et la consolidation de la foi autour du Christ.

    51ilbtg3cgl-_sx340_bo1204203200_

  1. Quelques dizaines d’années après la tenue de ce premier Congrès Eucharistique sur le sol de notre pays, notre société congolaise étant confrontée aux divers défis, à savoir la recrudescence  accrue du  paganisme avec ses corollaires, la prolifération de sectes, l’expansion de mouvements ésotériques, et particulièrement la crise qui secoue la famille, il nous a paru urgent nous,  vos pères Evêques, de convoquer un deuxième Congrès Eucharistique pour redécouvrir les richesses de l’Eucharistie, au bénéfice de la famille humaine,  socle d’une société et d’une Eglise digne. La famille revêt pour l’Eglise une importance particulière, elle est appelée à se redécouvrir comme sujet indispensable pour l’évangélisation. Foyer de joies et d’épreuves, d’affections profondes et de relations parfois blessées, la famille est vraiment une « école d’humanité » (cf. Gaudium et Spes, 52).Et l’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien et renforce les liens au sein d’une famille.

Motivation et choix du thème

  1. Nous sommes persuadés que ce deuxième Congrès Eucharistique apportera des réponses  aux questions les plus vitales pour les hommes et les femmes de notre pays dans le contexte actuel, aux défis pastoraux pour la mission de l’Eglise. En effet, parmi les défis pastoraux, le mariage et la famille, aujourd’hui menacés, nous préoccupent le plus. Par souci de prolonger et d’approfondir les acquis du Congrès national sur la famille tenu en 2016, à Kinshasa, nous avons choisi pour thème du deuxième Congrès Eucharistique National : « Eucharistie et Famille ». Nous demeurons convaincus que ce grand rassemblement eucharistique, convoqué au niveau national, va aider à enraciner la vie familiale dans « l’Eucharistie, source et sommet de toute vie chrétienne » (Sacrosanctum Concilium, 10).
  1. En fait, ce thème rend compte du lien intrinsèque entre le mariage, qui donne lieu à la famille, et l’Eucharistie, qui est le lieu de la construction d’une communauté de vie et d’amour entre l’homme et la femme ; et lieu d’harmonie dans la famille. L’Eucharistie est la source même du mariage chrétien, car elle est le sacrement de l’alliance nouvelle scellée par le Christ en son sang versé pour l’humanité (cf. 1 Co 11, 25-26) ; alors que l’alliance matrimoniale est « image et participation à l’amour qui unit le Christ à l’Eglise (cf. Ep 5, 32) » (LG 48, § 4). La famille chrétienne trouve dans l’Eucharistie le fondement et l’âme de sa « communion » et de sa « mission » parce que comme don de l’amour (sacrement de ce don), l’Eucharistie est source de charité (cf.Familiaris consortio, 57).
  1. L’Eucharistie, sacrement primordial autour duquel se cristallisent les autres sacrements, est un sacrement d’amour ;  « la famille est la cellule originelle de la vie sociale. Elle est la société naturelle où l’homme et la femme sont appelés au don de soi dans l’amour et dans le don de la vie ». Les deux réalités s’imbriquent  et ont comme fond commun l’amour.

Qui est concerné par ce Deuxième Congrès Eucharistique national ?

  1. De ce qui précède, nous vous invitons tous, fidèles catholiques de notre pays,  enfants, jeunes, adultes, hommes et femmes, à prendre part active au deuxième Congrès Eucharistique national. Tous, nous devons nous sentir impliqués dans cet événement important de l’Eglise. Ce sera un moment d’intimité profonde avec le Christ qui nous rassure : «  Je suis le pain de la vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim ; qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 35). C’est le même Christ qui nous invite : «  Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos. Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger » (Mt 11, 28-30).
  1. Pour ceux qui ne pourront pas être physiquement présents à Lubumbashi, certaines activités à mener localement seront proposées par le comité d’organisation en lien avec le Congrès.

 Ce que nous vivrons pendant le Congrès

  1. Pendant ces jours de joie et de vitalité chrétienne, nous vivrons ensemble des moments de célébrations, de rencontres, de témoignages et d’enseignements en ayant au centre l’adoration du Très Saint-Sacrement. Les enseignements seront des catéchèses sur l’Eucharistie et la famille afin d’en approfondir la compréhension à la lumière de la foi. A l’instar de la première communauté chrétienne, nous serons tous assidus à l’écoute de la Parole et à la fraction du pain (cf. Ac 2, 42). Et aussi nous aurons, durant la semaine du Congrès, des moments pour accomplir des œuvres de charité, notamment la visite des malades, des prisonniers, des orphelins, des personnes vulnérables et blessées, bref les périphéries existentielles de nos milieux de vie.

Conclusion

  1. En attendant la célébration de cet événement de grâce, recommandons-nous à l’Esprit Saint sans lequel nul ne peut dire que Jésus est Seigneur (1 Cor 12, 3). Qu’il agisse efficacement au plus profond des cœurs de tous les baptisés, spécialement les familles, et ravive en nous l’amour de l’Eucharistie.
  1. Que par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame du Congo, et des Bienheureux Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta et Isidore Bakanja, le Seigneur vous donne d’accueillir avec foi et joie cet événement ecclésial pour la plus grande gloire de Dieu et le salut de l’humanité.

 Kinshasa, le 18 juillet 2018

+ Marcel UTEMBI TAPA
Archevêque de Kisangani
Président de la CENCO